André Gouzes. Maître de chapelle

Le père André Gouzes est une personnalité originale du christianisme contemporain. Né en 1943, dans un village non loin de l’abbaye de Sylvanès, il entre à 20 ans dans l’ordre des frères prêcheurs (les Dominicains) et est ordonné prêtre 11 ans plus tard au couvent dominicain de Toulouse. C’est la période postconciliaire où fleurissent nombre de formes liturgiques nouvelles. André Gouzes commence la composition du grand corpus de la Liturgie chorale du Peuple de Dieu. Aujourd’hui, son travail compte des milliers de pages de musique qui puise aux sources orthodoxes, au chant grégorien et aux chorals protestants. C’est sa façon de faire l’Unité des chrétiens.
Les montagnes de son Aveyron natal ont forgé la spiritualité d’André Gouzes comme les éléments impétueux de ce rude pays ont donné le souffle à sa musique. Jean-Louis Saporito et Benoît Vandeputte nous font rencontrer un religieux habité par la tradition qui sait être moderne par son esprit d’ouverture. Il parle avec passion de la restauration de l’abbaye de Sylvanès à laquelle il s’est attelé en 1976, de la fabuleuse acoustique de l’abbatiale où il donne des concerts liturgiques. « Je cherchais une musique qui dise mes larmes », dit André Gouzes. Par ses compositions, il s’est fait serviteur d’une mémoire musicale mais il sert surtout la Parole : « C’est dans la voix que parle le Verbe ».
Les visiteurs affluent à Sylvanès qui a retrouvé son rayonnement spirituel. Ils y viennent aussi pour la chapelle orthodoxe en bois qu’André Gouzes a fait édifier à l’est sur les montagnes, pendant oriental à l’abbaye. Dans la lumière des icônes, habillé de la robe blanche des dominicains, André Gouzes parle de la vérité de l’existence qui tient dans l’ouverture à l’Autre. Le film s’achève dans la beauté du « Sanctus » chanté dans l’abbatiale lors d’une célébration, sous la conduite d’André Gouzes. 

Réalisateur : Jean-Louis Saporito

Co-auteur : Benoît Vandeputte

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