Mort(s) de la rue (extrait)

Dans la nuit du 9 septembre 2009, Bernard L., un sans domicile fixe de 46 ans, meurt seul dans la petite ville tranquille de Bayeux en Normandie, sans doute mort des conséquences de la rue.

Ce “fait divers banal” annoncé dans le journal local, est le point de départ d’une enquête de Jean Louis Saporito sur l’identité de cet homme sans visage. Qui était Bernard ? Quel a été son parcours ? Quels sont les circonstances de sa vie qui l’ont menées jusque dans la rue ? Les premiers éléments de cette enquête nous apprennent que Bernard L. connaît très tôt des difficultés familiales qui le conduisent à s’installer dans un foyer avec ses soeurs. Ainsi, Bernard L. est, dés son plus jeune âge, un être fragilisé par cette instabilité familiale. Par la suite, s’ensuivra une période où Bernard connaîtra la vie “normale” d’un petit salarié, parfaitement intégré à la société de transports CHATEL, jusqu’à son licenciement économique et la perte de son logement qui le propulse brusquement dans la rue.

A travers le portrait de Bernard, ce documentaire est l’occasion de soulever les problèmes liés à l’exclusion, la solitude et à la perte d’un logement. Il ne s’agit plus d’un être désincarné : c’est à dire un anonyme de plus mort dans la rue, mais d’un homme que l’on apprend à connaître progressivement par les témoignages de ses proches qui en dressent doucement les contours. Ainsi, par le biais d’entretiens avec les acteurs familiaux, professionnels et sociaux qui ont croisé le vie de Bernard, Jean Louis Saporito dresse le portrait en creux d’un homme en rupture avec la société et pris dans un engrenage que rien n’aura pu freiner. Il tente de mettre en lumière l’injustice, l’incompréhension et la colère qu’a pu ressentir Bernard avant de mourir seul. Doucement une vie se dessine, Bernard retrouve un visage.

Une production : CFRT/ France Télévisions/ TGA production

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